Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


C'était une saison bien imparfaite
Le soleil était capricieux
Et les fleurs étaient discrètes dans leur pétales de beauté
Peut être parce que j'étais dans un désert de lumière
Tandis que la nuit était généreuse de ses conjugaisons

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


Il fut en effet quelques brefs instants
Où nous fûmes fort heureux de ce distant passé simple
Mais je fus malgré tout un chantier de ruines
Dont les débris furent pour moi d'inégalables merveilles

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


L'être à l'infinitif de sa racine
Comme un phare dans sa clarté
Un baume comme une faille dans l'obscurité
L'être le temps d'un battement
Pour l'être toujours en admiration

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


Je suis bien sûr tributaire de l'ouvrier et de l'artisan
Mais tu es la seule bénéficiaire de mes pensées
Et leur unique salaire est au cœur de ta présence
Dont les reflets sont le plus précieux des présents

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


Sois pour toujours devant nous
Un impératif de mémoire
Soyons des vignes de souvenirs
Des grappes de vie pleines des raisins du chagrins
Soyons un vin au surprenant refrain

Permettez un instant que j'étaie mes propos

Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar

Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie

 


guilloud