Qui est-il cet autre qui n'est qu'une pâle copie de moi?
Je l'ai cherché ce matin, sur les places et dans le train
Mais il était dans un rêve
Qui le retenait au loin
Avec un peu de discipline
Et peut être un réveil-matin
Il pourrait s'en tenir à une ligne et prendre son avenir en main
Mais il s'obstine à préférer boire la rosée du matin
Plutôt que l'eau qui sort du lavabo commun

Qui est-il cet autre qui n'est qu'un sombre reflet de moi?
Je l'ai croisé ce midi, encore déçu et en fuite de répit
Trop occupé à perdre son temps avec son idéal de perfection
Il pensait déjà au travail
Qui le retiendra jusqu'au bout de la nuit
Avec un peu de relâchement
Et peut être un brin de folie
Il pourrait voir dans ces pages toute la simplicité de la vie
Mais il s'obstine à préférer tailler et affûter son crayon
Plutôt que d'accepter tracer des traits sincères mais imprécis

Qui est-il cet autre qui n'est qu'une lumineuse ombre de moi?
Je l'ai côtoyé matin et midi, et surtout le soir
Car c'est sur le tard qu'il se fait voir
Seulement là peut-il recueillir ses miettes de lui-même
Qu'il retient pour peindre les bouts de son histoire
Avec un peu de discernement
Et peut être d'imagination
Je pourrais sûrement le reconnaître chaque fois qu'il me croise dans le miroir
Mais il s'obstine à entraîner dans sa danse mes deux autres inconnus
Plutôt que de me contraindre à le suivre dans le noir




guilloud