Il était bien fatigué l'artiste
Lorsque survint l'été
Toujours en retard d'un printemps
Car son pinceau
À force de rêve et de larmes
S'était pris dans les ailes
D'un papillon de cristal

Le voilà maintenant
Les yeux fixés au ciel
Comme pour saisir
Par dela les mirages
Un astre endormi
Dans la forêt céleste
sous un fin voile de nuages

Il ouvre son sac
Déballe sa vie en détachant ses mots
Il ne peut feindre la surprise
Au contact du pinceau

Lui qui jadis
Était lourd d'illusions
Filait librement sur la toile du présent
Araignée sur chevalet
Tissant la poussière
Qui rend captif
Le feu qui brûlait hier

Le voilà qui scintille
Le regard de l'artiste
Au reflet de la chaleur ensoleillée
Qui anime le travail
Vif squelette estival
Inspirante toile dorée 

 

guilloud