Germinations Poétiques

22 février 2011

Traces

Néant d'inspiration
Juste une certitude:
Rien écrire serait déjà trop dire

En effet
La trace marque l'absence
L'absence d'une présence
Qui s'accroche
Qui s'agrippe
Vanité de croire la saisir
Dans un éclair de graphite

Il faudrait juste de la lumière
Bâtie en cathédrale de silence

Une page blanche
Icône des icônes
D'où Dieu serait déjà exilé
Pour nous rejoindre
Depuis l'éternité

guilloud

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01 février 2011

Echo du Phénix

Chanson

Dans l'amour la vie a encore
L'eau pure de ses yeux d'enfant
Qui s'ouvre sans savoir comment
Sa bouche est encore une fleur

Dans l'amour la vie a encore
Ses mains agrippantes d'enfant
Ses pieds partent de la lumière
Et ils s'en vont vers la lumière

Dans l'amour la vie a toujours
Un cœur léger et renaissant
Rien n'y pourra jamais finir
Demain s'y allège d'hier

Paul Eluard


~

Son chant

Dans les cendres de l'amour
La suie fige le diamant des larmes
Mais un clignement de tes cils
Révèle la braise sous son aile mythique

Dans les braises de l'amour
Le parcours brûle de ses récifs ardents
Mais dans l'onde agitée de tes brins
Brille la flamme vers la danse de son cri

Dans les flammes de l'amour
La passion consume le témoignage des temps
Mais le battement de ton âme
Forme le brouillard de cendres à la racine de l'envol




guilloud

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23 janvier 2011

La ronde de moi-même

Qui est-il cet autre qui n'est qu'une pâle copie de moi?
Je l'ai cherché ce matin, sur les places et dans le train
Mais il était dans un rêve
Qui le retenait au loin
Avec un peu de discipline
Et peut être un réveil-matin
Il pourrait s'en tenir à une ligne et prendre son avenir en main
Mais il s'obstine à préférer boire la rosée du matin
Plutôt que l'eau qui sort du lavabo commun

Qui est-il cet autre qui n'est qu'un sombre reflet de moi?
Je l'ai croisé ce midi, encore déçu et en fuite de répit
Trop occupé à perdre son temps avec son idéal de perfection
Il pensait déjà au travail
Qui le retiendra jusqu'au bout de la nuit
Avec un peu de relâchement
Et peut être un brin de folie
Il pourrait voir dans ces pages toute la simplicité de la vie
Mais il s'obstine à préférer tailler et affûter son crayon
Plutôt que d'accepter tracer des traits sincères mais imprécis

Qui est-il cet autre qui n'est qu'une lumineuse ombre de moi?
Je l'ai côtoyé matin et midi, et surtout le soir
Car c'est sur le tard qu'il se fait voir
Seulement là peut-il recueillir ses miettes de lui-même
Qu'il retient pour peindre les bouts de son histoire
Avec un peu de discernement
Et peut être d'imagination
Je pourrais sûrement le reconnaître chaque fois qu'il me croise dans le miroir
Mais il s'obstine à entraîner dans sa danse mes deux autres inconnus
Plutôt que de me contraindre à le suivre dans le noir




guilloud

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19 janvier 2011

Rêveries d'un citoyen solitaire

Au disciple du Vicaire Savoyard


Le mystère inquiète
Il veille
On le craint

Noble penseur dans la fuite
Entre les arbres
Ton écrin

Sans l'ombre d'un doute
Ta foi
Abritée de ta plume

Malgré les regards
Sourds d'évangile
La Vérité s'allume

La Révélation dérange
Elle détruit
Elle déplace

Les nobles convictions
Vaines fiertés
Au voile s'effacent

Merci à toi lointain esthète
Des écrits gravés
Dans l'ombre de ton drame

La poussière jamais recouvre
Au sein de tes Lettres
La vigueur de ta flamme




guilloud

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02 novembre 2010

Mea Culpa

Arpitt

Je suis bien maladroit et chute dans l'écriture

Mes rimes s'en vont vers toi dans un flot de ratures

Au début je pensais pouvoir tenir la route

Perdu dans mes lacets avec une feuille en soute

Mais ma béquille est folle et l'équilibre s'en va
Trébuchant sur ces mots que je sais éphémères
Je rédige un brûlot qui est pourtant sincère
Puis les vers dégringolent dans un discret fracas

Si j'étais plus habile pour honorer ma muse
Je feindrais ma détresse par de subtiles ruses
Dénuée de babil serait ma poésie

Si j'avais cette adresse qui sait peindre l'éclaircie
Mais je reste un peu gauche quand je manie ces lettres
Comme un texte que l'on fauche à travers une fenêtre



Texte et Image : guilloud

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Traces du Bonheur

Vite,il faut écrire
Fendre le papier
D'un trait de crayon
Pour y révéler un sourire


Le bonheur a sa demeure dans le ciel
Et si l'oiseau peut y étendre ses ailes
Moi ce n'est qu'avec une plume
Que je tisse mes passerelles


C'est au cœur de mon brouillard
Que la lumière m'a rejoint
Lorsque terrée dans un recoin
Tu as égaré un regard


Quelques secondes pour quelques notes
Suffisent à l'âme rêveuse
Pour trouver sa minute heureuse


Elles tournent trop vite les roues du train
Mais heureusement que leur chant monotone
Se brise au vif reflet de l'automne


Plic Ploc Voici la pluie
Plic Ploc Douce chanson de la vie
Plic Ploc Je poursuis sa mélodie


On manque encore de temps
Qu'est ce que les minutes sont précieuses
Quand on veut les rendre heureuses


guilloud

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28 septembre 2010

Nostalgie de l'été

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


C'était une saison bien imparfaite
Le soleil était capricieux
Et les fleurs étaient discrètes dans leur pétales de beauté
Peut être parce que j'étais dans un désert de lumière
Tandis que la nuit était généreuse de ses conjugaisons

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


Il fut en effet quelques brefs instants
Où nous fûmes fort heureux de ce distant passé simple
Mais je fus malgré tout un chantier de ruines
Dont les débris furent pour moi d'inégalables merveilles

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


L'être à l'infinitif de sa racine
Comme un phare dans sa clarté
Un baume comme une faille dans l'obscurité
L'être le temps d'un battement
Pour l'être toujours en admiration

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


Je suis bien sûr tributaire de l'ouvrier et de l'artisan
Mais tu es la seule bénéficiaire de mes pensées
Et leur unique salaire est au cœur de ta présence
Dont les reflets sont le plus précieux des présents

Permettez un instant que j'étaie mes propos
Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar
Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie


Sois pour toujours devant nous
Un impératif de mémoire
Soyons des vignes de souvenirs
Des grappes de vie pleines des raisins du chagrins
Soyons un vin au surprenant refrain

Permettez un instant que j'étaie mes propos

Alors que les fûts en hêtre se gorgent du nectar

Qui tache comme la suie et ruisselle comme la soie

 


guilloud

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01 juillet 2010

G comme Géorgiques


Or et lumière dansent sur mon instrument

Fée des bois, fais vibrer le corps de ma lyre!

Va douce mélodie que je m'efforce de produire

Cher chant de mon âme dont l'air est aimant

Chez celle dont les yeux portent mes notes

Eux m'offrent les portées où inscrire mes partitions
Rient des quelques mots que vont lire sous tension

Dix humbles doigts qui sur mon cœur pianotent


guilloud

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01 juin 2010

Entre l'ouragan et la brise

Violence et fracas
La tempête se déchaîne
Et délie les éléments
Faisant fi de toute création

Ballotté par ce vent l'homme
Contemple ses ouvrages
"Vanité des vanités"
La nature révèle
Que la vie n'est qu'une bougie de poussière

Le cyclone ainsi passé
La souffrance se réveille
Et interpelle de son cri
"L'Éternel a donné, l'Éternel a repris"
Cette respiration de l'existence
Fonde la plainte dans la flamme

Il ne reste qu'à un rayon divin
Porté par un souffle d'amour
De venir éveiller la mèche
Et qu'à nouveau la lumière
Balaye notre obscurité

mod2

Texte et Image : guilloud

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19 mai 2010

Déclaration

J'ai longtemps affûté mes flèches
Sur le tranchant de mes larmes
Travaillé le métal au creuset du sentiment
Dans l'éprouvante chaleur de la forge
Qu'alimentaient des flammes de passion et d'espoir

Il m'a fallu trop batailler contre les spectres du passé
Trop lutter avec les illusions du futur
Et c'est fatigué par le présent
Que je me suis fait raison
Alors j'ai tendu à mon coeur le poignard
Pour m'ouvrir devant l'être

Puis j'ai décoché ce trait fébrile
Planant sans l'ombre d'un doute
Qui a volé quelques secondes d'éternité
Avant d'atteindre sa cible entre deux sourires

J'avais espéré dans les brumes de mon âme
Que ma parole rencontre un miroir
Mais le reflet se perdit dans une étincelle
Lorsque la vitre se brisa

Ce fracas annonçait une douleur
Celle subie par un coeur qui s'est mit à battre
Et qui n'a rencontré que le battant d'une porte se refermant
Des débris qui ne pouvaient que me faire souffrir

À l'aube de cette chute
Dans un désespoir devenu trop familier
Mon regard fut attiré par un éclat
Brillant d'une splendeur inégalée


RetoucheLac


Les bris de verre que je croyais en ruine
Avaient donné naissance à un joyau
Dont les multiples facettes m'ont emprisonné
Dans leur beauté sublimée


La vie est bien cruelle
Car cette désillusion ne m'a offert qu'une certitude:

Je ne peux que l'aimer d'avantage
Même si ce feu m'interdit
De prendre son cœur en otage

Texte et Image : guilloud

Posté par guilloud à 16:01 - Apocryphes - Commentaires [0] - Rétroliens [0]