17 octobre 2009
Un an plus tard...
Lorsque la vie se fragilise
L'attente et l'impuissance deviennent nos églises
Demeurent les grandes questions qui restent incomprises
Lorsque l'espoir est mis à distance
Nous ne pouvons plus que nous raccrocher à l'espérance
Et avancer malgré tout en comptant sur la providence
Lorsqu'une lumière s'éteint
L'obscurité vient tout voiler pour ne laisser que la nuit du chagrin
Mais elle n'est jamais assez sombre pour empêcher le retour du matin
Lorsqu'un être meurt
Aucun fleuve de la terre ne contient suffisamment de pleurs
Pour venir noyer nos souvenirs communs de bonheur
Lorsqu'un ange s'en va
Il ne nous abandonne pas mais nous laisse poursuivre le combat
Afin que l'amour et la foi soient les directives de nos vies ici-bas
Texte et Image : guilloud
24 septembre 2009
Le silence
Nous lui sommes étrangers
Pourtant nous le ressentons intimement
Quelque chose de profond en notre être
Semble depuis toujours le connaître
Dans toutes nos nuits nous le fréquentons
Il est ce moment entre le calme et le sommeil
Entre le rêve et le réveil
Le désert parait photographier cet instant
Il nous prend dans ses filets temporels
Pour nous figer un moment
Entre conscience et sentiment
Et dans la réalité douce de ce songe
Notre être tourmenté semble avoir trouvé un berger
Qui le fait paître dans la quiétude de l'enrichissement
Cet dans cet oasis, façonné par la fuite de la vie
Que nous pouvons observer notre présent
A partir de notre passé en pleine contemplation
Quelques mots suffisent à le briser
Mais aussi dévoiler son immense majesté
Texte et Image : guilloud
Gilles Bernard et Pierre Côté au Jules & Jim
Des notes perdues entre le cliquetis des verres
Dans le brouhaha des conversations
Le pianiste joue son air
Tandis que le contrebassiste marque des repères
La fusion du jazz au comptoir
S'opère alors que le bar joue avec les pintes
Et que les musiciens nous servent des quintes
Pendant que le galop des graves
Rattrape la folle ronde des âges
Le serveur reprend sa valse
Sur cette rythmique ternaire
Et moi je prends des notes pour les mettre dans des vers
guilloud
16 septembre 2009
E comme Elle
Elle fait des ricochets sur les eaux agitées de mon cœur
Et Elle ramasse des galets, polis du sentiment de bonheur
Pour moi Elle parait distante sur la berge du fleuve
Mais partout vers Elle je vois des perles qui pleuvent
Comme une sirène innocente Elle a jeté son filet ravissant
Face auquel je demeure impuissant Elle me lâchera plus dorénavant
Prisonnier de ses mailles séduisantes, tissées par Elle sans le savoir
Je deviens un poisson sentimental emprisonné devant Elle en désespoir
Stupéfait devant cette Méduse éclatante de beauté car Elle ensorcelle
Finalement je dérive sans phare pour me guider vers Elle
Texte et Image : guilloud
16 juillet 2009
D comme Désolé
En dessous des saules et des astres
Il y a, hélas, souvent une impasse
Alors on marche sur des sols étroits
L'âme fatiguée et lasse
On contemple un vide, esseulés mais vivants
Malgré cette mélasse qui retient le temps
Au delà des seules haies qui nous stoppent
Il est là cet espoir qui attend
Et il faut encore quelques notes, des Sols et des Fas
Ou encore des Rés; la suite de nos pas.
guilloud
14 juillet 2009
Désert
Rien
Il n'y a Rien
Même moins que Rien
Si parfaitement Rien qu'on en arrive à se demander si ailleurs il y a vraiment quelque chose
Et parfois, hélas, si ce quelque chose est mieux que Rien.
Pris par l'ivresse de ce Rien, emprisonné entre le sol et le ciel, je me suis retrouvé entouré par une absence, plus présente encore que le sable envahissant.
J'étais seul
Seul devant l'immensité de cette terre d'humilité, je choisis le sommet d'une dune comme bref lieu d'éternité. Une dune assez insignifiante pour ne pas figurer sur une carte mais assez imposante pour dominer les autres - la nature peut aussi faire preuve de vanité - Et alors que je prévoyais de me ressourcer, un compagnon que je ne me lasse pas de rencontrer vint se tenir à mes côtés. Il resplendissait d'une terrifiante majesté et je ne pus que me résoudre à lui ouvrir une de mes portes dont il avait la clé. Cet ami ne se nomme pas car il s'en irait aussitôt et il était venu m'apporter deux cadeaux; un à méditer et l'autre à partager.
Le premier était enfoui si profond au cœur de mon obscurité qu'il me fallut déballer la nuit pour l'avoir devant les yeux. C'était une de ces évidences que l'on refuse de voir à mesure que l'on devient vieux: quand il y a quelque chose c'est toujours mieux. Je me mis à prier. Une prière simple, d'un enfant à son père, d'un orphelin au Père. Ce cadeau n'en était pas un, on n'offre pas ce que l'on a déjà, c'était un rappel de continuer sur la voie, un encouragement à suivre ma foi.
Le deuxième m'amusa quelques secondes jusqu'à ce que je puisse vraiment le considérer. Il était sans emballage, dans une remarquable simplicité. Tout autour de moi je pouvais le toucher, le sentir sous mes pieds. Dans chaque mouvement de ma main je le percevais sans le voir. Sur mon visage il se fixait déjà et dans mon cœur il avait sa demeure. Cela faisait quelques temps déjà qu'il cheminait avec moi, et le long de ma route il ne me quitterait pas: un grain. Ou plutôt le grain. Encore plus négligeable et discret que la goutte d'eau de l'océan qui s'évapore en se révélant. Un parasite. Un élément importun dont on essaie de se débarrasser en vain mais auquel on finit par s'habituer car il n'a finalement rien d'inhospitalier. Un grain de sable de sable si futile et anodin qu'il ne peut que se faire oublier sauf quand il se met à gêner ou qu'il ressurgit hors du passé lorsque l'on vide ses souliers et qu'on voit qu'il nous as jamais quitté.
Je ne savais pas de qui étaient les cadeaux, mais il m'était évident qu'ils étaient. Je ne savais pas non plus si là était le vrai sens de l'Exode pi-s encore si tout cela était réellement important.
Une seule certitude me semblait digne de confiance.
Dans le désert, il y a vraiment Rien.
Absolument Rien
Rien
Mais ce Rien vaut largement le voyage...
Texte et Image : guilloud
08 juillet 2009
C comme Cas C
Assommé par une de plus qui s'acharne sur mon sort,
je me vois contraint à un repos tourmenté que mon corps a sommé.
Blessure dont la douleur fait qu'attiser les charbons d'autres malheurs
et qui n'est qu'un rappel d'une situation invraisemblable et sûre.
Cassé des doigts jusqu'à la tête en passant par le cœur,
il me faut bien concéder que je ne peux me raccrocher qu'à ces
Débris éparpillés tels des pièces d'une mosaïque oubliée
qui doivent reconstituer un image parfaite à partir des bris.
Enfer de l'homme qui a cru que le pire était déjà passé
et qui maintenant se résout à ne plus savoir qu'en faire
Finalement les mots et les maux sont nez à nez
guilloud
19 avril 2009
La Passion du Banc
Le banc fut installé au milieu d'un fourmillement, dans les germes d'un monde en besoin de mutation, en besoin de lumière dans des cœurs aveuglés et enterrés.
Les premiers passants furent hésitant devant cette promesse d'arrêt dans le temps alors qu'il y avait d'autres jeux bien plus excitants.
Heureusement, le soleil aidant, des cœurs ont vécus une éclosion et ont accepté une discussion ou une simple pause d'un instant assis sur ce banc où d'autres y avait déjà laissé du temps. Des paroles s'échangèrent, butinant ça et là entres fleurs d'espoir, de vérité et d'affection créant un miel aimant et attirant d'autres passants entre les bras de ce banc.
Mais tandis que les mots s'élevaient, le vent vint les emporter, fanant ces beaux discours où la sève vivait encore, laissant le banc seul sous des reflets rouge sang.
Et ainsi abandonné sur un lit de feuilles mortes, le banc vit l'hiver à sa porte.
guilloud
21 octobre 2008
Une ange s'en est allée
Il est dur de trouver les mots
Qui de leur main d'encre vont apaiser et accompagner
En ce difficile temps de deuil
Les messages tombent comme des feuilles mortes
Portant en eux les traces de la séparation
Et formant sous nos pieds un tapis multicolore
Ces nuances jaune et rouge
Rappels d'un feu intense qui brûlera toujours
Apportent la lumière d'une présence
Où la sève est devenue absente
Cette feuille en est une parmi tant d'autres
Et dans ses veines coule une larme
Mais également un sourire de reconnaissance et de joie
D'avoir pu connaitre cette semeuse d'amour et de foi
guilloud
18 avril 2008
B comme Bruit
Brisons nos silences!
Bannissons cet ennui!
Brume de notre présence
Barrage vide qui pourtant fuit
Évitons cette bévue sacrée
Restons des bêtes indisciplinées
Une parole, si belle et sincère
Est semblable à l'abeille butinant de l'air
Cette peur de retomber
Dans notre univers de bébé
Fait que l'on reste bouche bée
Simple retour au plan B
guilloud




