J'ai longtemps affûté mes flèches
Sur le tranchant de mes larmes
Travaillé le métal au creuset du sentiment
Dans l'éprouvante chaleur de la forge
Qu'alimentaient des flammes de passion et d'espoir

Il m'a fallu trop batailler contre les spectres du passé
Trop lutter avec les illusions du futur
Et c'est fatigué par le présent
Que je me suis fait raison
Alors j'ai tendu à mon coeur le poignard
Pour m'ouvrir devant l'être

Puis j'ai décoché ce trait fébrile
Planant sans l'ombre d'un doute
Qui a volé quelques secondes d'éternité
Avant d'atteindre sa cible entre deux sourires

J'avais espéré dans les brumes de mon âme
Que ma parole rencontre un miroir
Mais le reflet se perdit dans une étincelle
Lorsque la vitre se brisa

Ce fracas annonçait une douleur
Celle subie par un coeur qui s'est mit à battre
Et qui n'a rencontré que le battant d'une porte se refermant
Des débris qui ne pouvaient que me faire souffrir

À l'aube de cette chute
Dans un désespoir devenu trop familier
Mon regard fut attiré par un éclat
Brillant d'une splendeur inégalée


RetoucheLac


Les bris de verre que je croyais en ruine
Avaient donné naissance à un joyau
Dont les multiples facettes m'ont emprisonné
Dans leur beauté sublimée


La vie est bien cruelle
Car cette désillusion ne m'a offert qu'une certitude:

Je ne peux que l'aimer d'avantage
Même si ce feu m'interdit
De prendre son cœur en otage

Texte et Image : guilloud